Teaser oublié....
Au hasard d’une recherche, je tombe sur une vidéo :« Cochin / Prudon », une vidéo. Rare.
Au hasard d’une recherche, je tombe sur une vidéo [1]:« Cochin / Prudon », une vidéo. Rare. Invisible. Les images d’Hervé Prudon sont si peu nombreuses qu’elles semblent à chaque fois voler au réel un morceau de lui.
Là, il apparaît amaigri, la barbe irrégulière, la voix lente. Son état s’est terriblement dégradé. Trois ans seulement le séparent de sa précédente apparition filmée, mais le corps semble avoir cédé.
C’est un teaser pour Paris noir, recueil de nouvelles réédité en poche chez Folio. Une vidéo poétique, tissée de plans de Paris et du métro, portée par la voix de Prudon. Un texte lu à la première personne dans le livre, devenu ici un « on » impersonnel, errant :
« On trouve tout ce qu’il faut, rue de la Santé. Un asile aux allées arborées. Une prison célèbre. Un grand hôpital parisien… Rien pour attirer le touriste. C’est une rue rebutante, à cause de ses hauts murs vérolés qui vous tournent le dos, de ce qu’ils cachent, de ce qu’ils taisent… »
La caméra le suit à Cochin, là où il a été soigné. Il parle de Paris :
« Le ciel à Paris n’est jamais bleu. Il y a toujours du gris. Paris est une ville grise, où un barbare chante la langue grise de Verlaine. »
Un bref échange avec une infirmière s’invite, fragile, presque suspendu.
Le réalisateur, Julien Paolacci, raconte :
« Je l’avais contacté via Gallimard et il avait accepté tout de suite. Hervé était déjà fatigué mais il s’était prêté au jeu très simplement. On l’a emmené rue de la Santé, à Cochin, autour de la prison… On a eu l’idée de le faire passer dans le service où beaucoup se souvenaient de lui. »
Seule cette nouvelle aura droit à un teaser. Un film complètement passé inaperçu.
(mise en ligne jeudi 20 juin 2013)

Très émouvant, Hervé tel qu'en lui-même. Une période douloureuse de déclin physique. Il était d'une légèreté que la lenteur de ses déplacements rendait éthérée. Sa présence s'estompera au fil des jours.