Sainte-Extase...
Sainte Extase, paru en 1989 aux éditions du Terrain Vague. Prudon propose un texte court, un récit sur le moment, son couple…
Ce petit livre, Prudon en parle dans un court passage pour la revue Gulliver (#12)
« 1989 - Sainte Extase - Ce petit livre qui illumine alors le moment : "Parce que quelque chose dans le visage de ma fiancée me rappelait la Thérèse du Bernin" [...] Un récit qui aborde les déboires du présent, la mastectomie de sa mère (chez qui il vit), la galère à envisager un avenir, trouver un logement, fuir les huissiers (encore, toujours)... rêver à des voyages lointains, tout en trimant du côté d'Orléans, de Joué-lès-Tours. Les voyages ne sont pas pour maintenant. Les voyages sont peut-être différents. »
L’Extase de sainte Thérèse du Bernin, c’est une statue, un chef-d'œuvre du baroque où la mystique espagnole est transpercée d’une extase divine, un moment mêlant douleur et ravissement dans un tourbillon de lumière et de marbre, La position du corps de sainte Thérèse et l'expression de son visage donne l’impression d’une quasi extase de St Thérèse devant dieu. On peut la voir à la chapelle Cornaro de Santa Maria delle Vittoria.
Mais plus qu’une allusion la couverture coloré de ce petit livre est, elle aussi un autre œuvre d’art. Celle de Kiki Picasso, figure du collectif Bazooka - ce collectif d'artistes français Fondé en 1974 aux ateliers graphiques des Beaux-Arts de Paris, avec pour piliers : Kiki Picasso (Christian Chapiron), Loulou Picasso (Jean-Louis Dupré), Olivia Clavel, Bananar (Bernard Vidal), Lulu Larsen (Philippe Renault)…. influencé par le punk, le surréalisme et les arts populaires. Choquants, provocateur, Ils utilisaient des techniques de collage, de photomontage et de dessin, mélangeant des images provenant de diverses sources (actualités, archives, art, bandes dessinées).
Là, Kiki Picasso détourne cette référence dans une imagerie underground, coloré, orange, la couleur venant souligner l’extase.
Ce livre, c’est le croisement de tout cela, et surtout d’une amitié, celle entre Prudon et de Daniel Mallerin – lui, l’éditeur (de Paris Noir – le recueil de nouvelles post Gang, où d’ailleurs on retrouvera le premier texte de Marignac…).
D Mallerin est le créateur des éditions Le Dernier Terrain Vague
« Le manifeste était clair : la frasque éditoriale espérée ne pouvait s'inscrire que dans cette lignée : un mélange de genres, cocasse, provocateur et imprévisible. De 1977 aux débuts des années 90, parsemée d'OLNI (objets livres non identifiés), l'histoire du DTV fut donc constituée par une succession d'actions dangereuses, de défis sexy et d'excentricités somnambules. Les livres se dédoublaient, attiraient le lecteur dans d'autres situations, d'autres mondes où la fiction et la réalité se confondent. »

