Les inutiles
Les Inutiles (2002) - Quand Philippe Marlowe percute Godot.
C’est comme cela que j’ai résumé “les Inutiles” sur ma fiche de lecture.
Rarement un texte ne m’aura autant perturbé. Exigeant, décousu, parfois impossible à suivre. Délirant ? Une supercherie ? Et pourtant...
Jean Blanc qu’on surnomme Bordure doit retrouver Benoît Ponque qu’on surnomme Ben. Deux bons à rien. Jeunes, ils ont vécu 68. Le narrateur les revendique comme des inutiles.
Ben a disparu, et son père (cancéreux) demande à Bordure d’enquêter.
Un roman en “Je” – Un parti pris à la Chandler (nommé dans le texte) habituel chez Prudon.
Un roman sur la désillusion, ponctué de touches de réalité. De l’errance éthylique, aux sous-entendus obscurs. Paumé par moment, dans un récit à code.
Presque bipolaire.
Une enquête au récit absurde, d’une disparition d’un Inutile, d’une intrigue virant à l’allégorie. L’inutilité résonne comme un appel à résister, par moment résonne comme une vérité. Que restera-t-il de nous ? Désespéré ? On cherche Ben sans le chercher.
Il y a du Beckett, du Godot dans ce texte. La lecture tient par fragment.
J’en sors avec plus de questions que de réponses : troublé
Comment comprendre ce texte ? Un pied de nez ? Provocation ? Un texte de commande – H Prudon courait après le fric... Pour autant, le récit est ponctué de belles fulgurances.
Un indice se trouve peut-être dans la dédicace : “l’auteur témoigne toute sa gratitude au centre national du livre qui lui a offert une année sabbatique.”
(note à moi-même : trouver l’éditeur d’HP à cette époque)

