Champs Elysées
L’amour est un voyageur, sur la rivière sans retour....
Comme à son habitude Hervé Prudon nous lâche une dédicace, comme pour nous préparer, nous donner la direction. Celle-ci en en anglais dans le texte :
“Love is a traveler
On the River of No Return
Swept on forever to be lost
In the stormy sea” Marilyn Monroe
C’est le refrain d’une chanson qu’elle interprète dans la Rivière sans retour : Traduction
“L’amour est un voyageur
sur la rivière sans retour
Emporté à jamais pour être perdu
dans la mer tumultueuse”
Une entrée en matière qui colle à l’histoire. Un roman à la première personne, au présent. (Note à moi-même, vérifier qu’il s’agit du premier ?). Comme souvent ; Paris, ses rues, quelques quartiers servent de décor (pour y errer). Des allusions à l’époque.
Une histoire qui joue avec les genres.
Martin Bollène tombe amoureux de Jamina, Un coup de foudre. Il l’a rencontrée dans le train le ramenant à Paris.
Lui, est réalisation. Il revient quatre années passées en montagne à la recherche de son « âme». Doit tourner pour Prestige Élysées Films, une publicité de trente secondes.
Jamina disparaît. Martin se lance dans une quête pour la rechercher, mais le quartier de la capitale est sous le contrôle de bandes rivales.
Une narration à la manière de Raymond Chandler, sous la forme d’un récit noir. Tantôt basculant dans l’absurde, tantôt dans la mélancolie poétique. Un récit trompeur, avec des allusions au père, la peur de la maladie. Hypocondriaque profond,, héros de la réalité, comme de la fiction, Martin vient rythmer une quête de l’amour (perdue?). Il y a une forme de fin du rêve américain, des illusions perdues de 68. L’auteur met en scène divers mythes modernes (les bas-fonds de la ville, l’amour fou, le héros solitaire). On bascule dans l’absurde. Pour autant, c’est une fiction. Le narrateur est bien Martin.
Champs Elysée sort bien avant Plume nègre (qui semble être le premier des récits à adpoter la méthode d’une sorte d’auto fiction- là encore à confirmer).
Un hommage au cinéma ? Au roman noir ? A la littérature de Chandler (là où d’autres célèbrent Hammet...).
Dashiell Hammett, son criture clinique, froide. Il pensait que l’action de son héros pouvait transformer la société.
Raymond Chandler (le grand sommeil, the big sleep...) envisageait que son héros était incapable de transformer la société, condamnée à subir. Deux points de vue, deux styles aussi : L’un soucieux de l’authenticité, d’une objectivité froide, l’autre en recherche d’une forme plus littéraire (utilisant le « Je »).
Manchette du coté de Hammett / Prudon de Chandler. (Un raisonnement simpliste, va falloir que je pose des questions à des spécialistes)
Champs Elysée est trompeur – Même s’il utilise les codes du roman noir, Prudon engage sa mue. une envie d’émancipation du genre ? Sortir de la case dans laquelle on voudrait l’enfermer ?
Un “Je”, nouveau...


des questions légitimes mais les réponses seront périphériques. Tout Hervé est-il dans ses récits, fractionné, diffracté, pièces d'un puzzle dispersées.